Pour que le handicap ne soit plus un handicap
Bocar SAKHO - Le Quotidien - Mercredi 28 novembre 2007
Le premier HandiFestival international sera l’occasion de permettre aux artistes handicapés d’exprimer leur savoir-faire et étaler à la société ses différentes contraintes pour assurer davantage leur intégration.
Les voix chantaient pour plus « d’intégration et de solidarité » envers les personnes handicapées. Dans cette société où le handicap est souvent « stigmatisé », tous les artistes infirmes (Abdoulaye Mbaye, Pape Niang, Zip Kha) avaient convergé vers le Just 4 U pour annoncer le prochain grand chantier : HandiFestival international (du 1er au 4 décembre). La Maison de la Culture Douta Seck sera le cadre d’expression de cette manifestation, pour davantage « valoriser et promouvoir les artistes handicapés pour leur intégration effective ».
Ces quatre-vingt-seize heures seront un moment de musique, de théâtre, de danse, de mode, d’expositions de film, d’espaces d’enfants et de forum. Les objectifs sont ainsi clairement définis pour la réussite « de ce grand événement », qui va leur servir de plaidoyer pour « plus de considération » dans la société. « Ce festival sera un moment de joie et de bonheur, mais ce sera un moment pour attirer l’attention des autorités sur la situation des personnes handicapées. Nous voulons une plus grande intégration. C’est un défi et nous devons l’assumer pour vaincre le handicap », campe d’emblée Lamine Thiombane, journaliste et membre du comité exécutif.
Thiendella Fall, sociologue et président du Comité exécutif du HandiFestival International poursuit : « Ce rendez-vous contribuera à donner plus de visibilité à la création et à la production des artistes en situation de handicap. Le festival va donc permettre aux handicapés les plus doués de montrer leur talent et leur génie dans les différentes formes d’expression artistique et culturelle. »
Il y aura aussi une exposition sur les problèmes des handicaps. Et ils sont souvent d’ordre socio-économique, en plus de la stigmatisation de la société. Il y aura donc un plaidoyer pour faciliter leur insertion dans le tissu socio-économique. « Nous avons besoin d’une société, qui assume ses inégalités et ses différences et plus intégrée. L’insertion des minorités invisibles est un combat à mener pour combattre les subtilités et réveiller les consciences de la société. Cela passe également par l’insertion socio-économique. Nous allons en parler aux décideurs politiques, aux membres du patronat pour les sensibiliser sur notre situation. Nous avons besoin d’être recrutés dans les secteurs les plus productifs », évoque Thiendella Fall, L’autre écueil, et qui tient à cœur les « handicapés », est leur accès aux édifices publics. « Il y a des efforts, qui ont été faits dans ce pays. Mais, il reste beaucoup à faire pour faciliter la mobilité des personnes handicapées », plaide Thiendella Fall
Bref, ce HandiFestival international, qui va regrouper plus d’une quinzaine de pays, sera un moment de « dialogue, de remise en cause, de vérité et d’échanges » pour l’émergence d’une société plus « juste, basée sur la solidarité et plus intégrée ». Car, ce Festival va accoucher de « l’Appel de Dakar » pour une plate-forme citoyenne des personnes handicapées. Voilà également le slogan de ce premier festival culturel international : « pour que le handicap ne soit plus un handicap ». Déjà, Pape Niang et Ablaye Mbaye ont montré la voie qui mène ailleurs, après avoir trouvé une place dans le paysage musical sénégalais.
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