Lever les barrières physiques pour une société inclusive
Pour l’insertion socio-professionnelle des personnes handicapées et leur accessibilité aux services et édifices publics, Handifestival international a réuni des acteurs autour de la question du 1er au 04 décembre 2007. Ce forum organisé pour l’occasion, mardi dernier à la Maison de la Culture, a permis de débattre des conditions d’insertion.
Yacine CISSE (Stagiaire) - Walfadjri - mercredi 5 décembre 2007
Même si tous les mendiants ne sont pas des handicapés, ces derniers représentent une proportion importante parmi les quémandeurs. Toutefois, la Casamançaise Awa Seydi se veut une exception. Handicapée physique, Awa Seydi préfère vivre à la sueur de son front que de tendre la main. Elle travaille dans une société de transformation de gingembre avec des personnes valides.
Son infirmité, qui constitue souvent un handicap, est plutôt devenue une motivation. Avec sa chaise roulante, au-dessous de laquelle est réservée une place pour ses béquilles, Awa Seydi parcourt chaque jour 25 kilomètres pour rallier son lieu de travail. Armée de volonté et de courage, elle se donne à fond pour garder son boulot et finit par décrocher une embauche. Avec son salaire, elle parvient à prendre en charge et sa personne et sa famille.
L’histoire d’Awa Seydi soutient la trame du court-métrage de huit minutes, présenté par Thomas Mériaux, du Centre national de recherches scientifiques de France. Il a été projeté, avant-hier, lors du forum sur le thème : ‘Insertion socio-professionnelle et accessibilité des personnes handicapées aux services sociaux de base et aux édifices publics’. Ce forum a été organisé dans le cadre du premier festival culturel des personnes handicapées qui s’est tenu du 1er au 04 décembre à la Maison de la Culture Douta Seck.
Dans son projet de soutien aux personnes invalides, Handifestival international, en partenariat avec des organismes locaux, travaille pour la réinsertion professionnelle des personnes handicapées. Et Awa Seydi fait partie des premiers bénéficiaires de ce projet. Selon Thomas Mériaux, c’est la société qui colle aux personnes invalides un handicap plus que leur réel handicap. Il est convaincu que les handicapés doivent exercer des activités génératrices de revenus d’autant plus que leur insertion en milieu rural leur permet d’avoir une meilleure intégration socio-professionnelle. Cependant, ‘il est difficile de trouver des personnes handicapées formées’, regrette Thomas Mériaux ; ‘alors que, poursuit-il, les entrepreneurs reconnaissent que les handicapés donnent plus de satisfaction que les non handicapés dans le travail de peur d’être licenciés’. D’où la nécessité de donner des opportunités aux personnes handicapées pour qu’elles montrent qu’elles sont capables de faire les mêmes résultats que les personnes valides, une fois le poste de travail obtenu. Parce que pour Thomas Mériaux, ‘il faut faire disparaître les barrières physiques et accroître les capacités, car le but de leur processus est de parvenir à une société inclusive’.
La projection du film a été précédée de la remise du Prix Sogolon et du Prix Soundiata. Ces récompenses sont décernées par le comité international d’orientation aux personnes physiques et morales pour leur rôle dans la réinsertion des personnes handicapées. C’est ainsi que le Prix Soundiata est revenu au président de la République, Me Abdoulaye Wade. Et le Prix Sogolon a été attribué à la doyenne des journalistes, Annette Mbaye d’Erneville pour ‘avoir contribué à la réinsertion des handicapés dans le service administratif.’