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du 28 au 30 Mai 2010 à Dakar
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:: Le ministère de la culture et du patrimoine historique classé en (...)

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OUSMANE THIENDELLA FALL, DIRECTEUR DE HANDIFESTIVAL : "Le handicap n’est pas une fatalité, mais une source de créativité"

Propos recueillis par El H. Massiga FAYE - Le Soleil

La Maison de la Culture Douta Seck a accueilli du 1er au 4 décembre, la première édition de Handifestival international, une manifestation en l’honneur des personnes qui vivent avec un handicap. L’objectif affiché, offrir un cadre d’expression et de rencontre pour les artistes handicapés. Dans l’entretien qui suit, le directeur de Handifestival international, Ousmane Thiendella Fall, nous en dresse le bilan, avec un esquisse des perspectives pour la prochaine édition.

Quel bilan tirez vous de ces trois jours de festivité ?

C’est plutôt un bilan de satisfaction qui se dégage pour une première édition. Pour cela, nous avons pu respecter totalement le programme, en posant l’événement pour voir ce que cela aller donner au niveau des handicapés mais également pour les personnes valides.

Et qu’est ce que cela a donné en termes d’impact ?

Dores et déjà le succès que nous avons enregistré nous a amené à pérenniser Handifestival international. L’adhésion des personnes vivant avec un handicap et celles supposées être valides a été forte. Ce qui nous a permis de détecter près de 50 jeunes artistes handicapés. Et dans ce lot, les Maliens se sont bien distingués. Aussi, nos voisins mauritaniens ont exprimé un intérêt certain pour la manifestation. En dehors des artistes handicapés, nous avons été séduits par les prestations d’artistes venues des autres localités du Sénégal : Thiès, Kaolack, Mbour, Louga.

Lors de la cérémonie d’ouverture du festival, le ministre de la Culture, Mame Birame Diouf, disait que le handicap doit être un adjuvant pour la création. A votre avis, comment à travers l’art le handicap peut-il servir de source d’inspiration ?

Le handicap n’est pas une fatalité. Au contraire, il est plutôt une source d’inspiration pour l’expression artistique. Quelque soit sa race, ses origines, la culture humanise l’individu. A travers une créativité féconde, les handicapés réussissent des oeuvres d’une originalité sublime. Cela, sans que l’on puisse reconnaître si c’est une personne valide qui a réalisé ce travail ou bien si c’est un handicapé qui l’a fait. On ne le voit nulle part. Sous ce rapport, l’artiste peut servir de référence, de modèle, voire de déclic pour des personnes qui avaient perdu tout espoir. Dans cette optique, l’artiste handicapé doit servir de boîte d’idées au service de la communauté, particulièrement pour les personnes qui vivent avec un handicap.

Quel type de rapport entretenez-vous avec les autres artistes dites valides ?

L’art à priori ne limite pas l’individu. Dans ce domaine, les artistes handicapés ne ressentent rien. Cela ne freine point leur élan de créativité. Et nous n’observons aucun rapport de condescendance avec eux. Par exemple, si vous vous rendez au Village des arts, vous vous rendez compte que les artistes handicapés sont bien intégrés et s’épanouissent assez bien dans le domaine de la création.

Comment envisagez-vous l’avenir de Handifestival international ?

Notre ambition est que l’événement devienne un cadre d’expression pour tous les handicapés du Sénégal, et partant, pour nos amis de la sous-région ouest africaine. Dans le respect des spécificités de chacun, l’un de nos objectif, c’est de s’ouvrir le maximum possible aux autres.

Y aura-t-il une évaluation de cette première édition ?

Tout à fait. Bientôt nous allons nous réunir avec nos partenaires pour évaluer nos acquis, mais aussi poser un regard critique sur les difficultés liées à l’organisation d’un tel événement, pour un plus grand professionnalisme. Dores et déjà, nous nous attelons pour la deuxième édition de Handifestival international qui aura lieu du 3 au 7 décembre 2008.

Pour mettre à profit cette tribune, y-a-t-il des suggestions ou des recommandations à faire passer ?

Tout d’abord, notre souhait principal, c’est de voir le Sénégal ratifier la Convention internationale pour les personnes handicapées. D’autant que c’est un document qui prend en charge toutes les difficultés et les pistes de solutions inhérentes à la vie d’un handicapé. Notamment en matière d’éducation, de formation et d’intégration.

Dans la même lancée, nous demandons aux autorités étatiques de nous aider à faire venir d’autres artistes étrangers. Beaucoup d’entre eux souhaitaient participer à cette édition mais faute de moyens, ils n’ont pas pu.

Qu’en est-il de la carte d’invalidité ?

Dans ma perception, j’ai tendance à poser la question autrement, en terme de principes. Par exemple, si vous allez dans les pays européens, vous vous rendez compte que cette carte a une double face. En même temps, elle offre un certain nombre de commodités, mais également, c’est un document qui stigmatise. Dans le contexte sénégalais, le mieux ce serait d’essayer de voir comment faire pour faciliter l’accès à l’éducation, aux services sociaux de base. La question qu’il faudrait se poser c’est plutôt de se demander ce qu’il faut faire par rapport à nos réalités. En Europe, il y a la Caisse de sécurité sociale, l’assistance sociale qui intervient dans ce domaine, ce qui n’est pas le cas chez nous.